Reconversion

J’ai osé… l’angoisse du travail

Le travail… mais pourquoi ce mot m’angoisse ? Rien que de m’imaginer prendre contact avec un professionnel, j’en suis malade. J’ai bien conscience qu’il s’agit d’une personne comme vous et moi. Mais dès que je l’imagine dans l’exercice de ses fonctions, je perds la raison. Une peur m’envahie, totalement irrationnelle. Comme une phobie scolaire appliquée au monde du travail : peur excessive de l’échec, peur du jugement, phobie sociale, peur ancienne de la mort et de la séparation. Tous ces termes pourraient s’appliquer à mon état.

Pour retrouver une activité, et bien sûr un salaire, j’ai des objectifs en tête : me rendre à une réunion organisée par Cadr’action, une association Nantaise qui aide les cadres a retrouver un emploi. Mais aussi réaliser des enquêtes métier pour mettre un pied dans des univers professionnels qui m’attirent mais que je ne connais pas. Oui les idées fusent mais je me sens totalement incapable de sauter le pas.

C’est comme si tous ces gens au travail étaient parfaits, inaccessibles. Qu’ils avaient la main mise sur leurs réactions. Tout dans le contrôle. Qu’ils maitrisaient leur métier sur le bout des doigts et ne pouvaient me mettre qu’en défaut. Je les déshumanise. Oui pour moi le monde du travail est terrible. Je leurs enlève tout sentiment, toute émotion. Ils représentent un danger. Ils me terrifient. Et comme si ça ne suffisait pas, je me répète que je ne leurs arrive pas à la cheville. J’ai peur de ne pas contrôler mes ressentis. De tout ce que je pourrais dire. J’ai peur du ridicule. Je me sens toute petite. Irrationnel… oui je vous le disais. Je les voie comme des machines, des zombies.

Cette vision du travail est encrée en moi : le monde du travail est impitoyable. Pas de place aux failles. Pour y survivre, je dois m’endurcir. M’imaginer m’y faire des amis est un doux rêve. C’est marche ou crève. Alors, oui, bonjour la pression. Je dois être parfaite. Et comme je sais que j’en suis loin, il me faut porter un masque. Faire semblant. Renvoyer une image d’une personne sûre d’elle, qui maitrise l’ensemble des compétences de son domaine. Et ça, pour l’avoir trop fait, je m’en sens aujourd’hui totalement incapable.

Je me demande souvent d’où cette phobie du travail me vient. Je sais seulement qu’elle a toujours été là. Déjà lors de mes premiers stages… Probablement que je l’ai intégrée, dès petite, année après année. Et puis elle ne m’a jamais quittée. Dès que j’ai commencé à travailler, j’ai pris des médicaments pour la combattre. Je n’ai jamais fait sans dans le monde du travail. Je n’ai pas le sentiment qu’elle se soit accrue avec le temps. Elle est là, latente.

Ne croyez pas que je me cache derrière cette angoisse pour ne pas travailler. L’envie est bien là. J’ai plein d’idées. Je sais qu’un jour je m’y réaliserai. Je vais finir par sortir de cette idée et de ces croyances. Le premier pas est que j’en ai conscience. A moi de rendre le monde du travail moins cruel. Et la vie professionnelle un peu plus belle.

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6 thoughts on “J’ai osé… l’angoisse du travail

  1. Il faut finalement un certain talent pour se croire, se voir en dessous des autres, alors que tu es une belle personne et surtout une grande professionnelle ! 🙂

    La violence dans le monde de l’entreprise, je compatis, elle fait des ravages c’est vrai.

    J’ai la conviction qu’une fois sa vraie place trouvée, les balles peuvent siffler autour de nous sans nous atteindre.

    Crois en toi. Offre toi ça.

    Biz

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