Feelings

J’ai osé… exprimer mes besoins

Exprimer ses besoins, rien de plus facile pour certains. Pour moi, tout dépend de l’endroit. Dans mon cadre familial ou amical, je sais aujourd’hui poser mes limites. Mais dans le monde du travail… Ma croyance : je n’ai rien à dire, ce qui compte, c’est l’entreprise. Mes besoins, mes préoccupations, je ne les ai jamais écouté. Aucun intérêt. Un seul mot s’applique : l’adaptation. Je me dois d’y arriver, de progresser. Et si tout ça changeait ?

J’ai quitté un CDD pour un CDI en plein été. Avant ce changement, on m’avait offert des billets pour l’Afrique. Eh bien croyez le ou non, j’ai préféré tout annulé. Je n’ai même pas pensé à l’idée de demander si je pouvais avoir des congés … vous imaginez ! Sérieux, quelle personne, qui vient juste d’être recrutée, demande à avoir des congés ? Voila mon état d’esprit. Je sais aujourd’hui qu’il y a bien plus de personnes que je pensais… c’est juste que je n’en faisais pas partie.

Pour moi travail et contrainte étaient synonymes. Je dois me plier ou bien je serai jetée. J’ai toujours pensé que je ne pouvais qu’être reconnaissante d’avoir été embauchée. L’entreprise pouvait tourner sans moi mais moi j’avais besoin d’elle pour exister. J’ai toujours été impliquée. Je n’ai jamais cessé de penser qu’être la meilleure était le minimum a donner. Je ne pouvais montrer aucune faiblesse. L’entreprise avait bien assez à gérer. Je me devais de me dépasser, d’y arriver. J’ai toujours pensé que mes besoins ne pouvaient être comblés sans que cela ne nuise a la société. J’ai toujours cru que pour que cela fonctionne, je devais m’effacer. Priorité était donné à l’intérêt collectif, à moi de me transformer…

J’ai commencé à consulter un psy lorsque j’ai commencé à travailler. Comme quoi tout est lié… Des angoisses et on m’a gavée de médicaments. Et je ne pouvais plus faire sans. J’ai alors poursuivi ma thérapie avec un seul objectif : savoir me passer de médicaments tout en travaillant. Je n’ai jusqu’a aujourd’hui jamais réussi. J’ai choisi pour arrêter les médicaments de quitter mon CDI. C’est seulement depuis peu que j’ai compris…

Je sais aujourd’hui que je ne peux me blâmer de prendre des médicaments avec tout ce que représente pour moi le monde du travail. C’est juste étouffant. Si je veux y arriver je dois changer ma façon de penser. Le monde du travail peut aussi s’adapter. J’ai des besoins à exprimer. C’est a moi de me positionner. Je ne dis pas que je veux devenir un électron libre. Non. Ce que je souhaite, c’est d’être considérée pour ce que je suis. Je ne veux plus m’effacer et m’oublier. Moi aussi j’ai mon mot a dire.

C’est comme ça qu’aujourd’hui j’aborde différemment ma future activité professionnelle. Je leurs ai fait part de mes indisponibilités et de mes contraintes. Si ils veulent m’embaucher, ils devront s’adapter. L’ajustement est possible. De mon côté, je serai professionnelle et à l’écoute. Mon envie : trouver le juste équilibre entre mes besoins et celui de mon entreprise.

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6 thoughts on “J’ai osé… exprimer mes besoins

  1. Article très intéressant. Je pense qu’on est beaucoup à ne pas « oser » demander certaines choses à sa boîte. La peur du refus est parfois présente …

  2. C’est très actuel comme sujet, oser se positionner par rapport à l’entreprise! C’est vrai que l’on vit dans un contexte social où l’entreprise nous « fait une faveur » en nous embauchant et qu’on doit se plier à ses conditions. Ou plutôt, c’est ce qu’on nous conditionne à penser. Une sorte de soumission par manipulation psychologique en fait. Mais la réalité, c’est qu’un contrat de travail, c’est un accord entre deux parties qui doivent être gagnant-gagnant, il n’y a pas à s’écraser complètement face à l’entreprise. Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, non, ce n’est pas la mort si on ne décroche/garde pas cet emploi-là en particulier. C’est important de savoir exprimer ses besoins pour ne pas s’oublier et finir en burnout (je le dis d’expérience). Mais ce n’est pas facile. Quand j’étais employée, je me souviens que quand j’osais enfin exprimer un besoin, on me culpabilisais en disant que la boîte ne pouvait pas se le permettre, que les collègues n’en avaient pas non plus, etc. Si tu ne connais pas encore, je te conseille de lire « Cessez d’être gentil, soyez vrai » par Thomas d’Ansembourg. Il y parle d’oser s’affirmer dans la bienveillance, sans écraser l’autre, avec beaucoup d’habileté et de justesse 🙂

    1. Super ! non je ne connais pas ce livre mais il m’a l’air parfait pour moi 🙂 merci beaucoup pour ton commentaire: je me sens moins seule Et pour ma part pour mon prochain poste, ils ont accepté tous mes besoins du coup c’est du pur bonheur ! 🙂

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