Interview

La sclérose en plaques et la Gestalt : témoignage de Lisa

Comment la Gestalt thérapie peut aider à vivre avec la sclérose en plaques

Lisa est entrée en contact avec moi via ma page Facebook. Nous ne nous connaissions pas. Quel plaisir de découvrir que nous avions en point commun la Gestalt thérapie. Sa proposition de partage sur nos blogs respectifs de notre expérience de cette approche thérapeutique m’a ravie ! Voici donc son témoignage très touchant et inspirant. « Heureuse » sépienne comme elle se présente, je trouve son partage vraiment riche et inspirant. Bravo pour son courage. Voici son témoignage et sa découverte de la Gestalt à travers la sclérose en plaques.

Sclérose en plaques

« Je m’appelle Lisa et je suis, ce que j’appelle, une « heureuse » sépienne. Disons que c’est le terme que l’on emploie pour parler des personnes atteintes par la sclérose en plaques.

Ma première poussée a eu lieu à mes 23 ans. Je me préparais à rentrer dans la vie active et j’avais alors choisi une carrière en tant que juriste dans le droit pénal international. Mon premier stage était en Italie mais je m’apprêtais, par la suite, à vivre une vie d’expatriée. Disons que sur le papier cela me plaisait bien et cela ressemblait à une vie d’aventurière qui me rendait fière.

Témoignage de Lisa : Gestalt et sclérose en plaques

En arrivant sur le lieu de mon stage, je me rendis compte que je n’avais plus aucune sensation dans tout mon torse. Sur le moment, je refusais d’y prêter attention. Je n’avais aucune confiance en moi, c’était mon premier stage durement acquis et il n’était pas question de tout arrêter maintenant. Mais au bout de 2 semaines sans sensation, avec des mains engourdies, je fus obligée de passer à l’hôpital.

Mon corps parle

Après de nombreuses errances entre les hôpitaux italiens puis ceux en France, le diagnostic fut posé : j’étais atteinte d’une sclérose en plaques. Je passais directement par la case bolus de cortisone (à savoir 1 gramme de cortisone dans le sang par intraveineuse, pendant 4 jours) puis la case effets secondaires puissants du traitement ! Puis, en plein déni, je repartis en Italie finir mon stage, accompagnée de mes crises d’angoisse, anxiété, larmes, colère et insomnies. 

Quatre mois après, alors que j’étais de retour en France, mon petit ami de l’époque mit fin à notre relation et … seconde poussée ! J’étais terrifiée à l’idée de revivre ce traitement lourd et ses effets secondaires. C’est là que je découvris l’acupuncture et ses bienfaits. Accompagnée par une amie de ma mère, médecin et acupunctrice, je décidais de tenter d’apaiser cette poussée par l’acupuncture. Non seulement, cela fonctionna pour moi mais cela signa le début de mes soins par le biais des médecines douces. À ce jour, j’ai toujours refusé les traitements allopathiques et ne me soigne que de cette manière concernant ma sclérose en plaques.

Je suis perdue

Sclérose en plaques : se sentir perdu

Mais voilà ! Deux poussées en quatre mois, une étiquette de sclérose en plaques collée à ma peau, des recommandations à n’en plus finir comme « ne pas trop se fatiguer », « ne pas trop stresser » « ne pas trop avoir de soleil mais un peu quand même » (je suis originaire de Montpellier), « ne pas trop voyager dans des pays à risque » … cela me limitait sur beaucoup de choses dans ma vie. Sans parler des crises d’angoisse incessantes ! D’un seul coup, je me retrouvais incapable de faire le moindre choix. Tout me faisait peur ! Je ne savais même plus ce que je voulais. J’étais incapable de me mettre en mouvement.

Je réussis cependant à être acceptée pour un stage chez Amnesty International, à Londres. Je rêvais d’intégrer cette ONG. Mais le travail était loin d’être ce que j’avais toujours projeté. Je m’étais imaginé sauver le monde (bon j’avais 20 ans quand je m’étais lancée dans ces études). Et, au final, j’étais derrière un ordinateur, à écrire un rapport, à faire des recherches sur les lois d’un pays et … je me demandais ce que je faisais là. Je me sentais tellement nulle !

Remise en question

À la fin de mon stage, mon tuteur me proposa de m’aider à postuler pour le tribunal des Khmers Rouges, au Cambodge car ils cherchaient des juristes. Et je pensais à ma maladie en me disant « Mais le Cambodge, c’est loin ! Et s’il m’arrive quelque chose ? »

Tout ce sur quoi j’avais basé mes études, axé mes choix de vie n’avait plus aucun sens. Ce n’était que les projections d’une jeune fille de 19/20 ans !

Alors, je suis arrivée à Paris, pensant qu’il  y aurait plus de travail ici, sans avoir aucune idée de la suite. Je logeais chez un ami et je ne savais même pas quoi chercher. Non seulement je ne savais pas ce que je pourrais faire, avec une sclérose en plaques, mais en plus je ne savais plus ce que j’aimais faire. 

La sclérose en plaques et la Gestalt thérapie

De longs mois passèrent ! J’étais incapable de me mettre en mouvement. Peu à peu, même le fait de sortir de l’appartement me faisait me sentir en danger. 

 Je fis le pas finalement, sur les recommandations de ma meilleure amie et de ma mère de suivre une thérapie. Je rencontrais alors une thérapeute en gestalt. Ma mère exerçant cette profession, je me sentais à l’abri avec cette approche. Peu à peu, je pris conscience de nombreux blocages, peurs qui étaient à l’origine de mon immobilisme. J’avais eu une enfance très choyée, très couvée.

Sclérose en plaques : découverte de la Gestalt thérapie

J’étais très hédoniste, très éloignée des réalités. Je rêvais de la vie d’expatriée sans prendre la mesure de ce que cela engendrait. J’aimais bien le droit pénal et l’international, alors pourquoi ne pas suivre un master en droit pénal international. Je ne m’étais même pas renseignée sur les possibles débouchés (en l’occurrence quasiment aucun) et sur la réalité des métiers possibles.   

Connaissance de soi

Mais surtout, je pris conscience de ma peur de l’abandonUne peur paralysante (au sens propre comme au sens figuré lorsqu’on connait les symptômes de la sclérose en plaques) ! Lors d’une forte crise conjugale, alors que j’avais 4 ans, mes parents m’avaient laissée en pension chez mes grands-parents quelques temps. Il n’y avait aucun abandon là dedans, juste ma représentation de petite fille et un sentiment poignant d’être « laissée là, seule ».

En creusant un peu lors de ma thérapie et en travaillant sur mon arbre généalogique, je me rendis compte, qu’en réalité, l’abandon était présent dans toutes les branches de ma famille. Toutes les femmes de ma famille (à l’exception de ma mère) avaient été abandonnées par leur mari. 

Si l’on s’intéresse aux mémoires transgénérationnelles, il n’était pas étonnant que cette peur soit si profondément enracinée en moi. C’était d’ailleurs un schéma que je reproduisais dans chacune de mes histoires sentimentales ou amicales. Car c’était le seul schéma que je connaissais.

Je vais mieux !

Sclérose en plaques : je vais mieux grâce à la Gestalt thérapie

Au fur et à mesure, je me remettais en mouvement. Non seulement je me rendais compte que je n’avais pas le tempérament pour vivre une vie d’expatriée. D’ailleurs, je suis aujourd’hui persuadée que ma première poussée de sclérose en plaques est apparue alors que j’étais en train de me lancer dans  une vie qui ne me correspondrait pas du tout. Elle m’a « sclérosée » au sens propre du terme. Puis, d’expériences en expériences, toujours accompagnée de ma thérapeute, je commençais à affiner la personne que j’étais réellement, à mieux la connaitre, la comprendre.

Et plus je vivais en phase avec elle et plus ma maladie s’apaisait, s’éloignait. Dans le même temps, je continuais d’être accompagnée par diverses médecines douces et autres formes de thérapie. Je découvris le décodage biologique qui se penchait exclusivement sur la relation corps-esprit et qui recherchait les potentielles blessures émotionnelles qui pouvaient être à l’origine des différents maux de mon corps. Cette compréhension était toujours assortie de soins à travers l’acupuncture, le shiatsu, l’énergétique (ou magnétisme). Ces pratiques apaisaient les différents symptômes liés à ma maladie, mon anxiété permanente. Lorsque mon corps était trop en tension, en fonction des blessures émotionnelles qui remontaient, au fil du temps, par expérience, je savais vers quel praticien je devais me tourner.

Le déclic

La dernière poussée, en 2014, me délivra complètement. J’étais de nouveau bloquée dans un travail qui ne me convenait pas du tout, subissant du harcèlement moral mais incapable de partir. Lorsque ma jambe droite se paralysa, j’avais suffisamment avancé sur moi pour comprendre le signe que cela impliquait : « pars de cet endroit tout de suite, ce n’est pas fait pour toi ». Je me suis servi de ma maladie pour négocier une rupture conventionnelle et je me mis réellement en quête de savoir ce que je voulais faire. Bien évidemment, dans le même temps, je m’empressais de faire plusieurs séances d’acupuncture pour apaiser l’inflammation et refaire circuler les différentes énergies dans mon corps.

Sclérose en plaques, Gestalt et médecine alternative

Je n’avais jamais aimé étudier des dossiers de droit, travailler sur des rapports de droit … bref je n’avais jamais aimé le droit tout simplement. 

Alors je devins formatrice sur un logiciel pour juristes. Et, pendant quatre ans, j’ai parcouru le monde pour former les clients tout en sachant que je rentrerais CHEZ MOI au bout de quelques jours.

À l’écoute de mes envies

Mieux vivre la sclérose en plaques avec la Gestalt : témoignage de Lisa

Aujourd’hui, le fond de cet emploi ne me convient plus.  Mais cette fois-ci, j’ai décidé de prendre les devants avant que ma sclérose en plaques ne se manifeste. Je commence bientôt une formation de thérapeute pour accompagner les personnes touchées par une maladie. D’ailleurs, j’ai pris l’initiative de créer un blog pour raconter toute mon histoire et ce chemin de résilience. Parce que je suis convaincue aujourd’hui, avec le recul, le travail sur moi et ces dix années d’expérience avec ma maladie, que ma sclérose en plaques n’était pas une ennemie. C’est ELLE qui m’a forcée à travailler sur moi, qui m’a redressée chaque fois que je m’écartais de la personne que je suis réellement (et que je ne connaissais pas, il faut l’avouer). 


Et depuis que je me suis apaisée psychologiquement, que j’ai dépassé mes peurs, que j’ai trouvé ma stabilité, mon corps se porte très bien. Bien évidemment, cela n’est pas suffisant. Je continue très régulièrement à faire des soins physiques. Même si je ne prends pas de traitements allopathiques, j’ai mis en place une réelle hygiène de vie, pratiquant régulièrement le yoga, la méditation, le Qi Gong ou des activités sportives. Je fais attention à mon alimentation et je prends soin de mon corps à tout niveau. Et, lorsque je n’arrive plus à enrayer seule les tensions ou anxiétés, je m’empresse de faire une séance d’acupuncture pour réguler tout cela. 

Pour conclure

Encore une fois, je ne dis pas que la thérapie en gestalt seule a été à l’origine de mon mieux-être avec ma maladie, il s’agit d’un combiné de nombreux facteurs. Mais je suis persuadée de la relation corps-esprit. Les différentes thérapies effectuées m’ont aidée à mettre en lumière mes blocages psychologiques et les médecines douces les blocages énergétiques. Mais il est vrai que cela m’a « guérie » dans ma vie, la rendant ainsi plus douce, plus apaisée émotionnellement. Et tout cela, je le dois à ma sclérose en plaques. Car c’est elle qui m’a obligée à me lancer dans ce travail sur moi ! 

Comme le dit si justement Carl. G. JUNG « La maladie est l’effort que fait la nature que fait la nature pour guérir l’homme. Elle renferme l’or véritable qu’il n’a trouvé nulle part ailleurs. »

Lisa »

Merci beaucoup Lisa pour ce partage en toute transparence. Ton histoire est riche et ton parcours inspirant. Je te souhaite toute la réussite que tu mérites. Encore merci !

Retrouvez Lisa sur son blog et sa page Facebook :

Blog : https://www.bien-vivre-avec-sa-maladie.fr/
Facebook : 
Ma Meilleure Ennemie – Bien Vivre Avec Sa Maladie

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10 réflexions au sujet de « La sclérose en plaques et la Gestalt : témoignage de Lisa »

  1. Superbe et passionnant témoignage!
    Mille merci pour ce partage plein de vie. Quel chemin! Quelle inspiration!
    C’est touchant et très intéressant comme parcours de vie. En effet, le corps, l’esprit, tout est lié. il faut savoir écouter nos maux.
    Bravo!

  2. Merci beaucoup à vous deux ! Et merci à Emeline pour m’avoir permis de publier sur son blog.
    Je me suis régalée à le découvrir et c’est un honneur pour moi de pouvoir vous raconter mon parcours ici.
    Belle soirée à vous !

  3. Bouleversant… J’ai une sep depuis 12 ans et je crois profondément moi aussi qu’elle est là pour me dire quelque chose. Je modifie petit à petit ma vie et ma vision du futur… Mais je ne crois pas avoir encore tout compris… Merci pour ce témoignage qui ne fait que renforcer ce que j’imagine et qui va me permettre de poursuivre ma quête.

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