Feelings

J’ai osé… vous raconter ma solitude

Je suis nourrie de mon weekend passé à l’école de Gestalt. Comme presqu’à chaque fois, j’ai écouté, souri, même rigolé. J’ai aussi pleuré, joué et bien-sûr parlé. J’ai pu leurs raconter mon ressentiment,  mon mal-être et ma souffrance. Oui, je ne me sens pas bien en ce moment. Mais l’un des participants du groupe m’a fait remarquée un point important : ce mal être n’est pas là tout le temps. Il est d’autant plus présent lorsque je suis seule, avec moi-même ou physiquement. Me voilà donc a vouloir vous raconter ma solitude, comment je la vis, et ce que je ressens.

Tout dabord j’aime la solitude. Oui j’en ai besoin. Elle est pour moi synonyme de liberté. Je ne ressens pas de gêne et ne me sens pas jugée. J’ai le sentiment de ne plus avoir de contraindre autres que celles que je me fixe. Je peux plus facilement prendre des risques. Il n’y a que moi et je n’embête personne. Je peux choisir de faire ce qui me plait, avec la certitude de ne rien imposer à  personne.

Oui j’aime la solitude… mais pas tout le temps. Une journée par-ci, par là, de temps en temps. J’ai aussi tellement besoin de partager des bons moments. Avec ma famille ou mes amis. D’être dans le contact et dans la vie. Mais aujourd’hui je ne travaille plus. Mes journées sont plus vides que remplies. Mes proches sont assez loin pour que je ne puisse pas m’inviter une heure ou deux chez eux à l’improviste. Je suis donc seule et ça m’attriste.

Alors je me suis posée pour réfléchir. Qu’est ce qui me met si mal lorsque je suis seule ? Sur du long terme j’entends. Qu’est ce qui fait que je stagne, que je m’immobilise ? Et que je perds toute envie de vivre ?

J’ai repensé à ce jour ou ma maman nous a quitté. Nous avions déjeuner. Elle devait aller voir un patient puis revenir me chercher pour m’emmener à un rendez vous médical. Je l’ai attendue. Elle n’est jamais revenue. Et pendant tout ce temps j’étais seule. Morte d’inquiétude. Je me souviens avoir tourné en rond dans cette maison. A guetter par la fenêtre sa voiture. A regarder la pendule. Je ne pouvais pas jouer ou m’occuper. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Je l’attendais. Je ressens encore physiquement, la douleur que j’avais enfant. Ce sentiment d’abandon. On est en plein dedans.

Je sais qu’elle ne reviendra pas, et pourtant… Je crois vraiment qu’aujourd’hui encore c’est ce que je ressens. Dans mes moments de solitude, inconsciemment je l’attends. Je ne peux pas faire autrement. Je n’arrive pas à m’occuper, à être dans la joie ou la gaieté. Je me sens triste et vide. Sans consistance.

Il va me falloir apprendre à me défaire de ce sentiment. A dissocier solitude et attente. Ma maman ne reviendra pas. Et moi je suis là. Je dois me sortir de cette idée, que la vie sans elle s’est arrêtée. Oui je crois qu’il y a de ça. Une phrase trotte dans ma tête : si elle n’a pas vécu alors pourquoi moi? Trop longtemps je me suis sentie tiraillée entre la vie et la mort. Coincée dans cette loyauté morbide et cette idée que pour être de son côté, je devais mourir. Je sais aujourd’hui que c’est tout l’opposé. Ma maman m’a donnée la vie. Elle m’a fait le plus beau cadeau que l’on puisse m’offrir. J’ai envie de lui montrer que je n’ai pas oublié. Et que c’est la vie aujourd’hui que je choisis d’aimer.

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8 thoughts on “J’ai osé… vous raconter ma solitude

  1. Tu l’attends encore, dans tes moments de solitude …
    J’ai parcouru ton blog, cette semaine. Et j’aime beaucoup cette façon que tu as de parler à coeur ouvert. Ca résonne en moi.
    Le deuil, c’est long. C’est difficile. Peut-être qu’arrêter de l’attendre, pour toi, c’est terminer le deuil et accepter pleinement sa disparition irrévocable.
    C’est ta Maman, tu l’as perdue tôt. Il y a un goût d’inachevé très fort.
    Je ne sais pas ce qu’est exactement la Gestalt (bien qu’après lecture de ton blog, je sois allée me renseigner, je crois que je n’ai pas vraiment saisi), mais je te souhaite que ça t’aide dans ce long cheminement que nous entreprenons tous pour trouver la paix.
    La méthode semble me plaire en tout cas.

    1. Merci 🙂 et pour ton message et pour le temps que tu as pris pour découvrir qui je suis 🙂 oui je reste optimiste pour la suite 🙂

  2. Merci beaucoup pour cet article authentique et poignant! Tu donnes l’impression d’avoir déjà parcouru un sacré chemin, si tu arrives à mettre le doigt sur le pourquoi de cet inconfort quand tu es seule.

    Après, sur la question du rythme quand tu ne travailles plus, peut-être y a-t-il moyen aussi de bouger un peu plus dans le quotidien? Je ne sais pas où tu habites donc mes conseils vont peut-être tomber à côté, mais quid d’aller écrire ou lire dans un café par exemple, ou bien de travailler depuis un espace de coworking, si tu as du travail à faire, au lieu de rester chez toi?
    Je ne dis pas qu’il faut fuir la solitude, au contraire c’est important de prendre le temps d’explorer ces émotions, surtout que le deuil d’un parent est une chose vraiment importante dans la vie d’un adulte. Mais il y a peut-être un nouvel équilibre à trouver quand on ne passe plus 5 jours sur 7 au travail…

    En tout cas je suis optimiste pour toi, tu as l’air sur la bonne voie. Et merci encore pour ce partage et ces beaux articles, ça fait chaud au coeur 🙂

    1. Merci 🙂 Je suis touchée par tes mots Tu me confortes dans mon idée que je vais y arriver Je prends tes conseils et te dirais si j’ai testé Mais c’est vrai que j’adore l’idée de m’installer face à la mer pour écrire mes articles 🙂 Quand le soleil reviendra… peut être ! merci quoiqu’il en soit 🙂

  3. Quel chemin Emeline de pouvoir mettre des mots sur ces sentiments si personnels et si difficiles à dire…
    On les attends ça je te comprends… de mon côté je me rassure en disant : qu’ils nous regardent, qu’ils sont fiers, et qu’ils sont heureux d’être grands-parents…
    Tu peux être fière de toi et même très fière

    1. Merci beaucoup miss 😌 Oui c chouette d’imaginer qu’ils sont toujours là qq part Et pour sûr il ne peut aussi qu’être très fier de toi

  4. Je trouve ton texte très parlant, je me reconnais au travers de certaines lignes.
    Je suis aussi du genre à aimer la solitude, mais « pas trop », si je suis trop seule, elle deviens source d’angoisse, l’abandon, plus jeune reste un facteur je pense.

    Notre histoire n’est pas la même, mais le ressenti semble assez proche, alors merci d’avoir mis des mots sur cette sensation et courage a toi .

    1. Merci beaucoup pour ce message 🙂 Ca me touche toujours de savoir que quelque part mes mots sont compris Bon courage a toi aussi et bonne route à toi sur ton blog 😉

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