J’ai osé… quitter un CDI

J’occupe mon poste en CDI depuis 5 ans déjà. Et que de changements ! L’effectif de l’entreprise a considérablement augmenté. L’organisation a évolué et ma fonction avec. Quelle chance ! Grandir avec une entreprise. Mais aussi que de stress! Quoiqu’il en soit une vraie fierté : oui je suis directrice et ai toute ma place au comité de direction. A 33 ans, mes études et mon implication sont récompensées. Jamais je n’aurai espéré occuper un tel poste. Voilà, j’ai prouvé que je pouvais. J’ai fait ce que je croyais que l’on attendait de moi. Mais suis je satisfaite? Non. Biensur j’ai la reconnaissance financière, celle de mon patron également mais tout au fond je n’en retire pas grand chose…

Ma vie au quotidien est devenue difficile. Mon travail prend beaucoup de place. Je vis, mange et dors pour lui. Ma famille passe au second plan. Mes angoisses, malgré les médicaments, sont toujours là. Je dors mal. Mon transit intestinal souffre. Le sentiment de mentir a tout le monde, de cacher qui je suis est omniprésent. Je ne suis pas a ma place. Oui c’est chouette mais non ce n’est pas ce dont j’ai rêvé.

La Gestalt me rappelle combien il est important de s’écouter, de prendre soin de soi, combien si on est à sa juste place, les choses se débloquent et les questions financières n’en sont plus. Car oui, ce qui nous empêche bien souvent de passer à l’action est l’argent, suivi du « qu’en dira-t-on ». Vivre avec la crainte d’être cataloguée paria de la société ou encore feignante.

Niveau financier, je sais qu’il m’est possible de négocier une rupture conventionnelle avec mon patron, rupture de contrat qui me permettra de bénéficier de l’aide du Pole Emploi. Je fais mes simulations pour connaitre mes futures allocations sur leur site. Je pourrai bénéficier de 2 ans d’aide avec un revenu correct compte tenu de mon salaire actuel. Mon conjoint est là. Et je suis prête à occuper pendant un temps, si besoin, un poste dit « alimentaire », sans responsabilités, loin de ma formation et de mon salaire, si cela peut me permettre de réaliser mon nouveau projet professionnel.

Concernant le « qu’en dira-t-on », je parle de mes doutes à mon entourage, de mes difficultés. Tous comprenne et me disent de lever le pied. Je commence petit a petit à imaginer: et si je quittais la société?

Oui je souhaite trouver ma place, ma voie professionnelle, arrêter les médicaments, prendre du temps pour moi et cela passe, pour moi, par quitter mon CDI.

Janvier 2015, je commence à en parler avec mon conjoint. Car il s’agit belle et bien d’une vraie décision de couple. Nos revenus ne seront plus les même. La conjoncture est compliquée. J’ai une chance énorme: il me suit dans cette décision. Plus que moi, il croit en moi. Il voit au quotidien ce que je traverse et mon absence mentale constante, quant elle n’est pas physique également. Nous commençons alors à prendre chacune de nos décisions en fonction de ma baisse de revenu et de ma future disponibilité (achat maison, garde de notre enfant, voiture, etc…).

Je prends la décision d’annoncer mon départ en octobre en imaginant quitter la société en décembre me permettant ainsi de cotiser une année entière au Pole Emploi sur la base de mon nouveau salaire.

Je vis l’année 2015 très différemment. Je sais que je ne revivrai plus ces moments. Ma décision de partir guide chaque décision que je prends pour mon service. Je me livre davantage et tisse de vrais liens avec l’équipe.

Octobre 2015, j’annonce ma décision à mon patron. Triste et difficile moment. Oui je souhaite quitter mon poste mais pour sur je les apprécie tous énormément. L’équipe, bien que surprise et parfois attristée, respecte ma décision. J’explique comme je peux mon choix et suis encouragée.

Je quitte définitivement l’entreprise en mars 2016, 6 mois après avoir annoncé ma décision. J’ai vécu ces derniers mois a fond, avec tout le respect que j’ai pour cette belle entreprise. Ces derniers mois m’ont permises de me préparer a ce changement de vie, de trouver et rencontrer ma remplaçante et de dire au revoir aux équipes.

Les premiers jours sont très déstabilisants: plus de réveil, plus de rythme imposé et tellement de temps ! Temps pour repenser et ressasser. Temps que je cherche vite à combler. Pour ne pas trop penser, douter. Car oui chaque jour depuis est emprunt de doute, d’incompréhension de certaines personnes plus âgées de mon entourage, et de questions.

Oui il me faut assumer cette décision au quotidien. Etre a l’aise avec l’idée de devoir répondre à la question « que fais tu maintenant? » par « je ne travaille plus pour l’instant ».

Je mentirai si je disais que je suis a l’aise tous les jours avec ce choix. Non ce n’est pas évident. Mais je n’ai pas de regret. Tout au fond de moi je crois en l’avenir. A chaque jour suffit sa peine. J’ai confiance en la vie. La page est blanche: je commence à rêver !

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4 commentaires

  1. Effectivement, nos parcours présentent de nombreuses similitudes d’après ton article! J’aime beaucoup la phrase « Voilà, j’ai prouvé que je pouvais. J’ai fait ce que je croyais que l’on attendait de moi. » C’est exactement ce que je ressens!
    La peur de l’insécurité financière et du qu’en dira-t-on, c’est très vrai aussi.
    Quant à la question « tu fais quoi dans la vie? », j’aime bien répondre par ce que je fais dans la vie: j’écris, je lis, je m’engage dans des associations. Nous ne sommes pas notre travail, et je trouve que dans une discussion avec une personne que l’on vient de rencontrer, c’est bien plus enrichissant de parler de ce qui nous fait vibrer plutôt que de l’activité qui paye le loyer et les factures!

    1. Oui c’est vrai que j’ai tendance à me définir un peu trop par mon boulot et du coup en ce moment je ne sais plus vraiment qui je suis ! mais j’apprends à savoir qui je suis et ce blog m’aide beaucoup Un grand merci pour oser partager tout cela avec moi 🙂 Hate de te lire sur ton blog ou ici 🙂 Merci

  2. c’est un choix très courageux, et très sage. Prendre un chemin différent paraît toujours inquiétant, je suis la première à me demander régulièrement si je n’ai pas fait une lamentable erreur en quittant mon poste également. Mais la vie me rappelle quotidiennement que j’ai fait le choix qui me correspondait, j’ai écouté ce dont j’ai envie, ce dont j’ai besoin et non ce que la société souhaite me dicter.
    Quant à moi, lorsqu’on me pose la question du « tu fais quoi dans la vie? » je travaille à mon projet de vie. C’est énigmatique, souvent ça donne du grain à moudre à mon interlocuteur, j’adore ! 🙂

    1. Merci beaucoup pour ce message Oui le doute est toujours un peu présent pour moi aussi mais, je me dis, que si je n’en n’avais aucun, la décision prise perdrait de sa valeur 🙂 On a fait un grand pas ! et j’adore ta façon de répondre Je me la note pour plus tard 😉 Fiel Gluck und bis bald !

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