Feelings

J’ai osé… m’attacher au regard de l’autre

Le regard de l’autre. Comme si cela ne suffisait pas de s’occuper de soi. Systématiquement, j’imagine ce que l’autre pense de moi. Dans ma tête, c’est comme une partie de ping-pong. J’agis, je parle, tout en pensant à ce que l’autre perçoit. Et puis alors tout se confond… Je projette ce que je suis pour lui. Ce qu’il imagine de ma vie. C’est ma façon d’être dans l’échange. Je m’adapte et interagit, en fonction de ce que l’autre vit. Et si je donnais moins de place à ce que l’autre ressent ? Et si c’était moi l’important ?

Je ne donne pas ce pouvoir à tout le monde. Seulement aux personnes ou aux relations qui comptent. J’ai tellement peur de décevoir. Que l’autre me quitte, ou s’en aille. Alors j’imagine ce qu’il attend de moi. Je me mets constamment cette pression. J’ai besoin de connaitre ses désirs pour être sûre d’y correspondre. Je guette dans son regard le moindre signe. Je suis vigilante à ne pas le mettre mal à l’aise. A ne pas lui donner envie de partir. Je m’attache à son regard approbateur. A ses acquiescements. A son sourire.

Mais quand je suis centrée sur l’autre, je m’oublie. Je n’existe plus avec mes peurs ou mes envies. Je lui laisse toute la place. Coûte que coûte, je m’adapte. Je suis ce que je crois que l’autre attend de moi. Je disparais et m’efface. Il n’y a plus de frontière entre moi et lui. Je me noie dans mon empathie…  En Gestalt, c’est un mécanisme de défense que l’on appelle « confluence ». Ou comment avoir cette capacité de fusion, d’indifférenciation, entre nous-même et notre environnement. Heureusement, mon corps me parle. Il m’envoie des signes et s’agite. Tremblements, mal de ventre. Il me rappelle que j’existe.

Le pire, c’est que, bien souvent, mon imagination me trompe. Je ne suis pas dans la tête de l’autre. Je n’ai pas ce don. Je confonds mes émotions et son ressenti. Mes croyances et ses attentes. Je ne sais plus si c’est lui ou moi qui le vit. Je me sens stressée. J’imagine qu’il voit une personne apeurée. Et combien de fois, je me suis fait confirmer, que ce que je ressentais n’était pas ce qu’il voyait… Je suis candidate pour un emploi. Je me laisse croire qu’ils recherchent une personne infaillible et imperturbable… Mais est-ce vraiment eux qui attendent ça de moi ?

Et si je reprenais ma place ? Et si moi seule définissait ce que je fais de bien ou de mal ? Car comment savoir qui je suis, si le regard de l’autre définit ce que je fais ou dis ? J’ai besoin d’apprendre à m’écouter. Je sais que la Gestalt va m’aider. Il n’est pas moi. Je ne suis pas lui. J’ai besoin de sortir de cette peur de ne pas être aimer pour ce que j’ai à offrir. Le regard de l’autre n’a pas à me définir. A moi d’oser être qui je suis.

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8 thoughts on “J’ai osé… m’attacher au regard de l’autre

  1. J’aimerais bien dire que je ne vois pas de quoi tu parles… et moi là, je me dis : que vont ils penser si je me plante ? on en est là, et on ne sait plus qui on est.
    As tu lu les 4 accords toltèques ? (si non je te le conseille ! ) l’un des 4 , c’est « ne pas faire de suppositions  » on croit savoir ce que l’autre pense, comment il va réagir… mais la réalité est toujours différente. On a besoin de reconnaissance, c’est vrai, mais ce regard ne doit pas définir nos choix et nos actions. (je me le dis en même temps que je te l’écris 🙂 )

    1. Merci pour tous ces conseils Je prends 🙂 Oui il y a un écart entre ce que je me dis et ce que je fais… mais je ne désespère pas car oui je crois que je ne suis pas toute seule 😉 Merci pour ton partage

  2. En général, dans la première partie de sa vie, on se définit par l’autre, parce que c’est simplement normal. Quand on est bébé, on est dépendant, on lit les regards et les visages pour savoir si nous sommes en sécurité, aimés etc.. Et par la suite, quand on se détache de la bulle sociale qui nous a permis d’évoluer, de grandir et d’être indépendants, on essaie d’exister par notre simple regard sur nous mêmes. Selon les expériences et la sensibilité de chacun, cette bascule se fait plus ou moins tôt mais généralement c’est passé 30 ans. Tout ça est normal. 🙂

  3. « J’ai besoin de sortir de cette peur de ne pas être aimer pour ce que j’ai à offrir. »
    C’est comme tout, un apprentissage. L’apprentissage de l’amour de soi déjà. Même si nous sommes tous plus ou moins en recherche de reconnaissance, il est important de ne pas laisser le regard de l’autre nous dicter notre conduite, nos choix.
    Je me rends compte que je le fais encore avec certaines personnes, pas avec d’autres. Je me surprends à être moi de plus en plus souvent.
    Comme toi je suis en chemin…

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