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J’ai osé… j’écris comme je vis

J’ai commencé l’écriture d’un roman (je vous en ai parlé ici). Et force est de constater, que j’écris comme je vis. Oui je fais l’analogie. J’ai beau aimer écrire – autant qu’aimer vivre – et pourtant l’exercice est toujours difficile. L’envie est là, je sais que je n’abandonnerai pas. Mais au quotidien, me donner un temps pour cela est une autre histoire. Comme si la priorité était ailleurs. Qu’écrire n’était pas sérieux. Comme si me faire plaisir devait forcément me coûter un peu. J’aimerai plus de légèreté. Lâcher prise et me laisser aller. J’apprends à vivre sans que cela soit pénible. Et je suis certaine que l’écriture va m’y aider.

 

Depuis que je me suis lancée dans ce projet un peu fou, en avril dernier, j’ai écrit une trentaine de pages. J’espérais bien plus, mais je fais face à quelques blocages. Pourtant l’histoire est plutôt claire dans ma tête. Je me suis même attachée à mon personnage principal. J’entrevois les actes et points pivots, ainsi que le dénouement final. Je n’ai, jusqu’à présent, jamais eu à faire à la page blanche. Dès que je commence à écrire, j’éprouve un vrai plaisir à laisser les mots courir. Au point même, où ma créativité me surprend ! Et lorsque je décide d’arrêter, je me sens comblée. Je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine fierté en constatant qu’une nouvelle page s’est rajoutée.

 

Et pourtant… il m’est si compliquée d’écrire mon roman. Je l’ouvre lorsque je décide qu’il est temps. Mais n’arrive pas à m’y astreindre quotidiennement. Je dévalorise cette activité de plaisir. Comme si écrire ne devait être qu’un passe-temps. C’est fou comme j’ai du mal à lâcher l’idée, qu’être productive, travailler, est forcément douloureux et compliqué… Je n’arrive pas, dans l’instant, à faire une priorité de mon livre, malgré toute la joie et la satisfaction éprouvées.

 

C'est douloureux d'écrire un livre : c'est s'en délivrer. - Jules Renard. Click To Tweet

 

Et puis m’installer pour écrire, c’est aussi activer une peur. Celle de ne pas être à la hauteur. Et si les mots ne venaient pas ? Et si, ce qui sortait, n’avait aucun intérêt ? Devant mon écran, je suis face à l’inconnu. Créer c’est libérer une partie de moi que je ne connais pas. Elle est, peut-être, aussi un peu là l’angoisse. Et je n’arrive pas à écrire juste quelques minutes. Si j’ai une demi-heure devant moi, cela me semble trop juste. J’ai besoin de disposer d’au moins 2 heures. Écrire, c’est travailler. Et travailler ne s’improvise pas. Je prends les choses bien trop au sérieux, vous ne trouvez pas ?

 

Et je ne sais pas pourquoi, j’ai également cette croyance que si je veux reprendre l’écriture de mon livre, je dois d’abord relire ce que j’ai écrit précédemment… pour être dedans… pour reprendre le fil de mes idées… que mon travail soit cohérent… Oui un nouveau concept : je fais la relecture en même temps que l’écriture ! Alors forcément ça me prend un temps fou et ça me bloque pour m’y remettre… Comme si je devais tout maîtriser, tout bien avoir en tête. Tout contrôler pour me lancer… oui, oui, ça parle bien de moi tout ça ! L’analogie est encore là !

 

J’ai besoin de retrouver plus de légèreté et de spontanéité. Autant dans ma vie que dans la façon dont j’écris. J’apprends à lâcher cette idée d’être l’écrivaine « parfaite ». J’ai le droit de vivre sans que cela soit constamment difficile. Je veux allier travail et plaisir. Et je n’ai aucun doute, mon livre finira, un jour, sur une étagère.

« Créer, c’est vivre deux fois » Albert Camus

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12 thoughts on “J’ai osé… j’écris comme je vis

  1. Je crois que nous avons tous une façon d’écrire qui nous est propre, le tout est de le faire avec plaisir et sans contrainte. Enfin moi c’est comme ça que je vois les choses. J’en parlais récemment avec Chéri, je ne me dis jamais « il faut que j’écrive ». J’ai envie je m’y mets. Parfois c’est plusieurs fois la même semaine et parfois une fois tous les 15 jours.
    Bravo en tous cas pour ce beau projet Emeline! Ce sera un plaisir de l’avoir un jour sur une des mes étagères également.

    1. 🙂 Oui je ne veux pas transformer ce plaisir en contrainte alors j’essaie d’écouter mon envie et tant pis si ce n’est pas aussi souvent que je le voudrais Merci beaucoup Marie

  2. Je ressens un peu la même chose lorsque j’écris des articles. J’ai parfois du mal à m’y mettre, je ne prévois jamais en l’avance le thème et j’ai parfois du mal à savoir quoi écrire. Et puis dès que j’y suis les mots s’enchaînent, les phrases se complètent jusqu’à créer un billet complet.

    En tout cas ne cesse jamais de croire en ce beau rêve et ne pas t’y astreindre tous les jours n’est pas grave, il faut que cela reste une joie et un plaisir, c’est l’essentiel.

    En tout cas j’ai terriblement hâte d’en découvrir plus …

    Des bisous,
    Pêche

  3. Je comprends ton problème, moi aussi j’ai besoin de relire un peu pour me remettre dans l’énergie du récit. Et pour que l’écriture ne soit pas décalée… Je trouve ça plutôt sain.

    1. Merci Ornella 🙂 Je me sens moins seule tout à coup 🙂 Et clairement si j’écrivais plus régulièrement j’aurai moins besoin de tout reprendre… 😉

  4. Coucou,

    Tu te lances dans un très beau projet en tout cas ! Mais il faut parfois se forcer un peu pour s’y mettre, après ça va tout seul et tu arrives à un prendre plaisir.

    Bonne écriture alors 😉

  5. Coucou Emeline .

    Je n’écris pas mais je design et depuis que j’ai décidé de le faire en free-lance je trouve des blocages liés à mes angoisses de devoir faire vite et parfait que j’avais en entreprise . Pourtant j’aime ça alors j’essaye d’y prendre plaisir et d’enlever cette barrière de perfection que j’avais constamment . Je me forme à côté à l’art-therapie et j’avou que ça m’aide pas mal à lâcher-prise pour reprendre confiance en ma créativité .. ( je me demande si je devrais pas créer un blog d’ailleurs à côté de ma formation pour partager ) notamment en utilisant d’autres médium de création dans un but ludique et intuitif comme les n’enfants 🙂 mais c’est un gros travail de retrouver cette spontanéité ! À bientôt !

    1. Merci Magali pour ton partage <3 Oui j'aime moi aussi m'appuyer sur toute forme de créativité pour lâcher prise Je te souhaite de te dépasser et longue vie a ton business 🙂

  6. Coucou!
    Alors je me permets de te demander depuis combien de temps tu écris?
    On a tous nos habitudes, mais j’avoue que celle de la relecture m’a toujours plus bridé qu’autre chose et j’essaye de ne plus la pratiquer. Enfin, mon premier jet est fort émotif, peut-être trop, je ne relirais que bien plus tard. Mais si je me relis trop, je suis sûre de tuer ma créativité.
    Mais comme toi, j’ai besoin de savoir que j’ai le « temps » pour écrire. Juste 20 minutes, cela n’ira pas.
    Rends toi ce plaisir, si je peux le dire!

    A bientôt!

    1. Merci Oceane pour ton partage 🙂 J’ai débuté mon roman en avril (soit depuis un peu plus de 2 mois) et sur ce blog depuis un peu moins de 2 ans. C’est donc tout récent ! Je partage totalement ton avis sur le fait que la relecture tue la créativité C’est en partie pour cela que j’essaie de l’éviter En tout cas merci et oui je veux m’offrir ce plaisir 😉

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